Salon de la moto Paris 2013, la plus grosse concession multimarque

La semaine dernière nous nous sommes rendus au temple de la mécanique et de l’innovation.
Le Parc des expositions de la porte de Versailles est généralement associé à ce type d’événement, que nous chérissons.
Notre compte-rendu vous est livré dans l’ordre de la visite. Autant vous dire qu’il faut en faire des tours et des détours pour retrouver les constructeurs 3 roues.
La première fois que j’ai foulé les tapis du parc des expositions, ce fût un moment d’émerveillement.
Les lumières, les shows proposés par les constructeurs, les concept-car complètement dingues et ces hôtesses élégantes d’un côté, provocatrices de l’autre.
Les premiers beaux salons sont comme les premières fois. On en prend plein les sens, les yeux humides, les mains fébriles.
Personne ne regarde, les gens admirent. Ils ne touchent pas, ils effleurent et au pire, caressent.
Je me souviens, approchant d’une Jaguar j’ose tendre une main pour y toucher les chromes, ultime affront qu’un gamin ne comprend pas mais le gars préposé au lustrage sait lourd de conséquence.
On me saisit et me dirige vers l’avant du véhicule, me pose sur le siège en cuir et là… C’était LA fameuse hôtesse des salons. Magnifique, une déesse de beauté dans une robe n’ayant pour égale que celle qui la porte.
Evidemment, quand vous êtes haut comme une courge ces instants restent gravés en vous. Chaque année vous attendez le prochain salon. Un coup l’auto, un coup la moto… une orgie rétinienne qui vous fait oublier le quotidien fade de sensation.

 

Est-ce eux, où ma vue baisse ? Où sont les concepts ? Le mondial de l’automobile de Paris a été détrôné par Genève et Francfort (ce n’est plus un secret).
Autant vous dire que l’EICMA, l’Intermot et Tokyo n’ont pas à avoir peur du salon de la moto, du scooter, du quad, du jet ski, du… de Paris.
Suis-je bougon ? Un peu, peut-être. Une semaine difficile, des transports en commun bondés et on se retrouve avec un papier désagréable. Un papier de parisien me direz-vous.

 

Tokyo Motor Show & EICMA

 

D’accord, le salon de Paris ressemble à une concession géante remplie de commerciaux. Si on met de côté notre petite déception, reconnaissons tout de même qu’il est bon de mettre ses fesses sur une Suzuki Intruder 1800M et quelques secondes plus tard, chevaucher un KTM Superduke.
Cruiser, sportive… la polygamie est permise.

 

Salon de la moto Paris Suzuki Intruder & KTM Superduke

 

Si les constructeurs de 2 roues ne nous ont pas transcendés, ils ont tout de même fait le boulot.
Tous les modèles sont bien présentés et nous avons prit du plaisir à croiser “Handicaps motards Solidarité“, le “Team PSRT“, nos copines de “Toutes en moto” et l’artisan chouchou des sidecaristes “Vidal Sport“.

 

Salon de la moto Paris HMS & Toutes en moto

 

Une fois la première impression dépassée, je fonce à la recherche des constructeurs 3 roues.
La surprise tant attendue viendra d’eux.

 

Yamaha a présenté son 3 roues dès l’EICMA. Le constructeur entre donc sur le marché des scooters avec le Tricity.
Un tripode aux lignes séduisantes, rappelant mes lectures de Masamune Shirow. Une motorisation très légère face à la concurrence, qui a depuis longtemps abandonné le marché des 125cc en 3 roues.
Le Tricity souhaite séduire les réfractaires aux 2 roues et aux transports en commun. Il se veut utile et sexy, offrant, à défaut de puissance, une maniabilité hors normes.
Ses 15cv suffiront sûrement à propulser son poids plume (pour un 3 roues) de 150kg.
Par comparaison, le Piaggio Yourban 125ie est plus lourd de 56kg et plus long de 11cm.

 

Salon de la moto Paris Yamaha Tricity

 

Si Yamaha semble vouloir ajouter son pneu sur le secteur des 3 roues, c’est avec timidité que Kawasaki se lance dans le bain.
Timidité ne veut pas dire fade attitude. Kawasaki propose un concept entre le Yamaha Tesseract et le Deus ex Machina de Jake Loniak.
Après le Y concept chez Can Am Spyder, voici le concept J. Un 3 roues conçu pour proposer deux expériences de conduites, sur une seule monture.
“J” peut élargir ou rétrécir la voie des roues avant suivant l’utilité. Imaginez que vous ayez envie de foncer à la manière Tron ! Pas de problème, “J” réduit la voie entre les roues et vous vous retrouvez contre le châssis, prêt à poser le genou.
Ok, c’est séduisant. L’option NiMH haute capacité devrait être privilégiée pour propulser l’engin mais une question nous turlupine.
Si la largeur de voie varie. Le “J” sera t’il adressé au permis A et B ?
D’ici la commercialisation d’un tel concept, Yves Rossy (Jetman) nous fera sûrement voler grâce à son aile quadriréacteurs.
Kawasaki nous a promis de “nous tenir au courant des évolutions…”
Je vous laisse vous faire une opinion sur ces phrases pré-écrites.

 

Kawasaki Concept J

 

En attendant les nouvelles de Kawasaki, nous passons sur le stand BRP Can Am. Le spyder n’est presque plus à présenter. C’est la révolution routière de ces 3 dernières années.
Si les trikes sont homologués en France depuis 1997 grâce au travail des concessions Dragon Trike et Megaphone, ce n’est pas pour autant que le marché s’envole.
Il faudra attendre l’arrivée des Canadiens avec leurs trikes inversés pour rafler la mise.
3 grandes catégories, le RS, ST et RT prédestinées à des envies différentes. Le RT est conçu pour rider gentiment, tout équipé, il offrait des performances honorables malgré des soucis de conception.

 

Honorable le RT !? Next ! Can Am éjecte le 990 Rotax si cher à la marque, revoit le concept et lui colle un 1330 ACE Rotax.
Le carénage est revu, les radiateurs déplacés, la transmission remplacée, l’alternateur boosté à 1200W… Nous pensons que 2014 sera l’année du Can Am Spyder RT.

 

Salon de la moto Paris Can Am Spyder RT & RS

 

Indian Motorcycle et Victory.
Ces marques mythiques aux USA viennent renforcer leurs bonnes formes, soutenues par le groupe Polaris (http://polarisfrance.com/).
Si les ventes d’Indian et de Victory explosent depuis 2009 ce n’est pas sans effort. La plupart des motards considèrent ces constructeurs comme des “sous produits” Harley Davidson, c’est ignorer l’histoire d’Indian et le lancement fulgurant de Victory avec la V92C.

 

Salon de la moto Paris Victory & Indian

 

Confiant et sans apriori, nous fonçons prendre des nouvelles de la future gamme moto-trike (bike-conversion) du groupe Polaris.
La douche froide, pas de trike signé Indian ou Victory à l’image du Tri-glide Harley.
Cependant, le groupe nous confirme que la société EML a tous les accords et les homologations pour distribuer un kit sur base Victory Judge et Boardwalk en France.
Ce ne sera pas le seul chemin car Eric Trottier, concessionnaire Erikwad (http://www.erikwad.com/) se lance dans l’importation des kits Motor Trike. Actuellement en cours d’homologation, les premiers modèles devraient arriver au printemps.
Ce concessionnaire n’en est pas à son coup d’essai, déjà spécialisé dans les véhicules hauts de gammes et très exotiques comme les GG-Technik.

 

Salon de la moto Paris EML Victory & Harley Davidson

 

Nous quittons le monde du custom pour nous retrouver sur le stand Peugeot. Accueil agréable et mea-culpa sincère sur le lancement difficile, voire foireux du Metropolis, accompagné d’une campagne de rappel.
Aux côtés de l’irrésistible gamme “Django“, inspiré des modèles S55, nous retrouvons notre fier Métropolis 400 RS.
Une belle place sur plateau tournant, juste à l’entrée du Hall 6, on admire sa couleur noire mate soulignée d’un liseré orange.
Un stand Peugeot plutôt esthétique, aidé par le glamour des modèles “Django”.

 

Salon de la moto Paris Peugeot Metropolis RS

 

On fonce direction Adiva. Qu’en est t-il du fameux AD3 ?
Il est là ! Le produit italo-japonais montre son carénage en France. Distribué en Mars 2014 ce scooter 3 roues à toit escamotable séduira sûrement les anciens propriétaires du BMW C1.
Si l’Adiva AD3 n’est pas un foudre de guerre, il vous permettra néanmoins de rejoindre votre lieu de travail en inter file tout en restant au sec, et au chaud.
RMD annonce un prix de revente aux alentours de 6499€, reste à savoir si son 299cc de 30ch suffira pour séduire.
Reconnaissons qu’il sort de l’ordinaire. Même si nous sommes heureux de voir autant de design différent pour un secteur encore “petit”. Cet Adiva AD3 ne cesse de me rappeler la moto de Shotaro Kaneda (compiler les photos), assise haute et enveloppante avec une séparation marquée entre la roue arrière et le carénage.

 

 

Bien évidemment, nous n’allons pas nous hasarder à comparer totalement l’Adiva AD3 à la moto de Kaneda, ce serait un affront à ma génération. Pourtant, je m’aventure à dire que cet AD3 est peut-être le modèle utilitaire de Katsuhiro Ōtomo ?
Quelque soit votre opinion sur mon égarement comparatif, Adiva propose un 3 roues accessible et plutôt complet. Le toit escamotable dans le coffre et les poignets chauffantes raviront les périurbains. Un modèle 400cc aurait été, à notre avis, mieux senti.
Le rendez-vous est pris avec Gregoire Mulliez, nous partirons prochainement sur les routes avec la bête.
Poursuivons notre visite en passant par Heritage-Import et CS Concept. (Lien vers les sites)
Si Heritage-Import est spécialisé dans le développement marketing sur le sol français, comme Royal Enfield ou LML, elle est aussi capable de produire ses propres side-cars.
A travers CS Concept, vous pourrez rouler avec des paniers La Storia montés sur Moto Guzzi ou encore Le Brighton monté sur Triumph.
Une société amoureusement rétro, aux side-cars très anglais. Des gars à surveiller de très près.

 

Salon de la moto Paris Adiva AD3

 

Redescendons sur Terre, et passons chez Piaggio. C’est dans cet ordre chaotique que nous avons pu rencontrer tout le monde.
Le Gilera Fuoco 500ie LT était présent, un tripode au look marqué rappelant les fabrications tubulaires parés pour le tout terrain. Une machine qui a souffert à ses débuts, en cause, sa catégorie “scooter” (Gilera Fuoco 500ie). Ayant une largeur de voie insuffisante pour passer dans la catégorie “tricycle”, il sera boudé par les motards qui ne souhaitent pas rouler en 3 roues et par les automobilistes sans permis moto.
La gamme Piaggio Mp3 LT progressera seule au sommet par manque de concurrence.

 

Salon de la moto Paris Piaggio Mp3 500 LT

 

Le Peugeot Metropolis est lancé en 2012, obligeant Piaggio Mp3 à revoir sa copie.
Exit tous les modèles, à l’exception du Mp3 300 LT et du Mp3 500 LT qui seront uniques représentant Mp3. La manœuvre n’est pas finie.
Le Gilera Fuoco 500ie passe en LT, lui permettant d’être enfin accessible au permis auto. Une belle promotion pour ce scooter qui mérite toute votre attention.

 

Salon de la moto Paris Gilera Fuoco 500ie LT

 

Quelques photos plus tard, nous tombons bien évidemment sur le Yourban 300LT et le grand patron, le Mp3 500ie LT.
Yourban 300 LT ou Mp3 300 LT !? Tout est dans le poids. Deux modèles à tester pour en ressentir les subtiles différences et choisir plus sereinement.

 

Salon de la moto Paris Piaggio Yourban 300 LT

 

Ural Russian Motorcycles, le nom qui glace. Quand vous passez sur le stand Ural, ça parle russe, anglais, allemand et c’est dur de trouver un concessionnaire français.
La famille Ural est grande et fidèle à la marque. Un synonyme de fiabilité… je ne crois pas, même si les derniers modèles vous permettrons bien plus de fantaisie.
Malgré ça, le look, la robustesse et le côté baroudeur de ces side-cars finiront par vous conquérir. C’est LA marque du conquérant incarné par le Ranger Tundra.
Personne n’aurait parié sur un retour de la société Ural, pourtant ils sont bien là, plus en forme que jamais. Nous vous conseillons de parcourir les nombreux forums dédiés à leurs side-cars, vous y lirez toutes les aventures qui font de cette marque, une légende.

 

Salon de la moto Paris Ural Motorcycles

 

En parlant de légende. Nous sommes déjà sur le stand Boss-Hoss, légendaire constructeur décalé.
Ce sont des barjos ! Y a un moment il faut le dire.
Votre monture ne ronronne pas suffisamment ? Coffrez quelques années et filez chez Boss-Hoss avec votre mallette pleine de 60 000 pièces de 1€ (originalité oblige).
Le sacrifice vous permettra de vous coller entre les pattes un V8 Corvette de 6200cc, que vous ne débriderez pas bien sur … mouahahahaha (rire diabolique).
C’est sur ce stand que nous croisons Eric avec qui nous discutons du premier Trike V8 disponible en France. Et c’est justement parce qu’il vient d’arriver que nous lui consacrerons une page entière très prochainement.

 

Salon de la moto Paris Boss-Hoss Trike V8

 

Il est déjà tard, nous quittons le salon avec un goût de trop peu. Les animations proposées par Piaggio ou les guest de passage chez d’autres constructeurs, ne remplacent pas ce qu’on a pu voir dans le passé.
Oui, nous sommes exigeants et les temps sont durs. On m’a fait la remarque que Paris n’était pas Las Vegas. Quelle vue étriquée.
Nous tentons de trouver des excuses au salon de Paris 2013, sûrement pour nous convaincre d’y retourner dans 2 ans.
Parmi les 3 roues nous notons les absences de Boom-Trikes, Rewaco, Courage Trike, GG Technik, Vectrix et Quadro. Un vrai manque dans ce salon où les 3 roues étaient mis en avant.