Trikeuse Maghreb

Le monde fourmille de français montant des projets liés à la route et l’évasion.

En Australie, Alcheringa traite des particularités du pays et de son écosystème; Endareyn nous parle de son sentiment de “zenitude” ressenti au Japon; l’Argentine et son étudiant en Génie Civil expatrié à Mendoza, ou encore nos 5 bretons partis pour le Québec.

 

L’Afrique, terre d’aventure et d’évasion. On en parle souvent comme le continent des défis mécaniques et physiques, où les rencontres vous changent pour le reste de votre vie.

On parle là de l’Afrique noire, le Sénégal, le Botswana, l’Ethiopie, l’Afrique du sud… mais qu’en est t-il du Maghreb ?

 

Il y a une motarde, nommée Khadija Stolarek qui a décidé de monter “Trikeuse Maghreb”.

Le projet initial devait emmener deux femmes aux guidons de leur trike à travers la France et l’Espagne, direction le Maroc. Point de départ d’une épopée au féminin.

 

Khadija, connue sous le pseudonyme de Khady parmi les harleyistes et les trikers, est engagée auprès de la FFMC, parcourant les manifestations et les rassemblements tout au long de l’année

Partagée entre la Franche-Comté et la Tunisie, son Rewaco HS4 affiche plusieurs milliers de kilomètres, reconnaissable à son bleu azur, le 1800cox et ses pots truckers, vous ne pouvez pas vous tromper.

 

Le projet « Trikeuse Maghreb » devait faire découvrir le Maghreb, à travers les yeux de deux femmes en selle sur leur trike. Le Maroc était la première étape, ce qui permettait de prendre la « température », de réaliser les difficultés et éventuellement d’ouvrir des parcours pour réitérer l’expérience avec d’autres trikers.

Chaque grande aventure cache aussi des objectifs plus personnels. Khady a rapidement partagé avec nous l’envie et le besoin de rallier les environs de Zagora, pour enfin se recueillir sur la tombe de sa sœur.

 

Les bases sont posées, il faut trouver les compagnons de route, c’est donc naturellement qu’elle se tourne vers Nadia Collignon (Lorraine-Trikes).

Nous aurions dû les accompagner pour le reportage photo. Les aléas de la vie nous ont bouclés en France.

 

Samedi 28 septembre, il est temps de partir. Les préparatifs sont vérifiés une nouvelle fois la veille et nos deux aventurières sont prêtes à décoller.

Ce samedi, Nadia Collignon et Khady partagent encore la route jusque Perpignan pour y rejoindre Jean et Josy.

 

Un péage de trop et les deux comparses se retrouvent séparés. Une pense être dépassée et l’autre ne sait pas si son équipière est passée ou non.

Une confusion qui mène Khady jusque Le Boulou, c’est-à-dire, loin du point de rencontre prévu. Peut-importe, l’hôtel suffira en attendant de reprendre la route pour La Puebla.

 

Dimanche 29 septembre, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! GPS programmé mais GPS planté. Nous avons tous connu un Global Positioning System capricieux. Oui, on se cultive aussi sur nos pages.

Une erreur de 200km qui plombera définitivement l’ambiance et le rythme. Malgré les embuches, les détours et l’heure tardive, elles arrivent afin à La Puebla, où attendait Anne-Marie.

Nous remercions grandement Jean et sa famille de s’être mis à disposition et d’avoir permis aux filles de prendre du repos avant le Maroc.

 

Espagne
 

Lundi 30 septembre, le jour de repos est bienvenu. 1500km parcourus, les tensions sont palpables et nos deux aventurières ne se remettront pas de leurs divergences d’opinion.

Dans la nuit, Khady décide d’écrire à Nadia avant de rejoindre Tarifa afin d’arriver directement à Tanger-ville.

570km qu’il faut rallier rapidement car à 13h ce mardi, le bateau partira avec où sans elle.

 

Arrivée à Tarifa, la chance lui sourit. Mr Abdelkhaled Ben Maachou, President de l’Association des Officiers de la Marine Marchande de Tanger, offre à notre baroudeuse de passer la traversée en VIP.

Il fallait bien reprendre des forces avant de devoir s’attaquer aux formalités administratives.

 

Ferry
 

Une fois toutes les autorisations en poche, direction Kenitra à 200km de là.

Le cumul des kilomètres relève du tour de force, la détermination de Khady est grande et c’est avec un jour d’avance que l’accueilleront deux de ses amis motards, Clément et Hassan.

 

Direction Kenitra
 

Mercredi 02 octobre, l’aventure commence réellement. Il faut tenter d’oublier les problèmes personnels et les mésententes, la seule chose importante pour ces quinze prochains jours, sont la route et les rencontres.

 

230km en bord de côte, le rythme est souple et le soleil ne cesse de cogner. El Jadida est en face, prête à ouvrir ses portes afin d’accueillir un engin plutôt rare au cœur des fortifications.

Une ville fortifiée par les portugais au XVIe siècle, qui ravit les historiens et les cinéphiles. N’hésitez pas à vous prendre pour Orson Welles en parcourant les murailles ainsi que l’ancienne salle d’armes, transformée en réservoir d’eau.

 

Jeudi 03 octobre, une visite au pays du Sloughi. Oualed Hamdan El Jadida semble garder un trésor original, rien de clinquant, quelque chose de plus racé.

Le Siham Sahara est surnommée la flèche du désert parmi les sloughis.

Cette race de lévrier est à différencier des lévriers d’Asie ou Afghans, vous pourriez vexer Marianna, éleveuse de Siham Sahara.

C’est parmi les Sloughis, que Khady affectionne tout particulièrement, qu’elle passera la soirée et la nuit avant de rejoindre Casablanca et y récupérer un drôle de colis.

 

Marianna Sloughi Sahara
 

Vendredi 04 octobre, un colis suspect est détecté à l’aéroport de Mohamed V. Une grinouille se serait cachée parmi les passagers, cette espèce rare de grinouille rouleuse, fréquente généralement les routes européennes et les hauts plateaux Pyrénéens.

Nous découvrons Chantal en compagnie de Khady, prête à lui filer un coup de main pour les photos et surtout, vivre l’espace de quelques jours au rythme du Maroc.

A Casablanca, il ne faut pas trainer. L’emploi du temps de nos deux trikeuses est chargé, il faut absolument apprêter le trike pour la manifestation moto du 06 octobre.

 

Chantal & Khady
 

Samedi 05 octobre, le passage obligatoire pour tout passionné de moto à Casablanca.

Visite de la seule concession Harley du pays. Un très bon accueil de la part de l’équipe. Accompagnées par un motard Yéménite, nos deux passionnées passeront la journée à la concession.

Afin de brasser une nouvelle fois les populations, Khady retrouvera Titi, l’ancien mécano du Harley Davidson de Dijon, converti au soleil marocain.

Une passion sans frontière rassemblait ce jour-là 4 nationalités, laissant derrière eux les histoires d’intégrations et de fracture sociale.

En ce début de week-end, personne ne parle d’appartenance ethnique, de religion ou d’un sujet qui souvent divise. Le seul sujet qui vaille la peine, est l’envie de voyager et comment communiquer cela aux gens.

Aller vers les autres, partager, comprendre et découvrir. Le tableau que proposait Harley Davidson Casablanca était à l’image de ce que recherche beaucoup gens. Un peu de paix et d’échange.

 

HD Casa
 

Dimanche 06 octobre, parlons peu, agissons bien. Nous parlions d’échange ? Nos deux trikeuses ont décidé de soutenir le mouvement Marocain pour un péage à tarif différencié, respectant les catégories de véhicules.

Khady est adhérente depuis de nombreuses années à la FFMC et c’est accompagnée de Chantal « La Grinouille » qu’elle soutient les manifestants dans leurs joutes verbales contre les autorités et la société d’autoroutes marocaine.

 

Manif moto trike maroc
 

 

 

 

Mardi 08 octobre, la montée impossible du Tizi n’Tichka. Effet d’annonce vous dites ? Ne soyez pas si mesquins, il s’agit tout de même d’une route très piégeuse vous emmenant à 2260m d’altitude.

Khady et Chantal ont pris le départ depuis Marrakech, direction Ouarzazate avec un léger sourire en coin.

Ceux qui ne connaissent pas les routes marocaines ne relèveront pas ce point de détail. Pourtant ce sourire malicieux a toute sont importance car les voilà embarquées sur la seule route leur permettant de rejoindre Ouarzazate.

La route du Tizi N’Tichka ! A nous lire, on dirait le Mordor.

A l’annonce de leur passage du col, nous fantasmions sur tous ces virages, un coup à droite puis à gauche, demi-tour, oups le fossé, attention le trou… et c’est reparti à fond sur les gaz pour faire cracher le cox. Oui, parce que le nôtre (1500cox family) est poussif.

Le 1800cox de Khady n’est pas de trop pour permettre à nos deux aventurières d’atteindre le sommet malgré la perte de puissance due à l’altitude.

 

Tiki N tchika
 

Une belle ascension réalisée par deux passionnées, nous entendons d’ici le rire de Chantal et les cris de Khady, fières de rallier le sommet. Très certainement les deux premières femmes à être montées en trike.

C’est ici que nous allons les laisser continuer leur route. Nous connaissons la prochaine étape, Zaragoza. Là, ce sera Khady qui vous racontera la suite sur le blog que nous lui mettons en place.

 

 

Poursuivez l’aventure avec le blog : Trikeuse Maghreb Motomag

 

Bureau khady maroc